( AFP / FABRICE COFFRINI )
Les prix à la consommation en Suisse ont très légèrement augmenté sur un an en janvier, l'inflation se maintenant comme le mois précédent à 0,1%, a annoncé vendredi l'office fédéral de la statistique (OFS), allégeant au moins ponctuellement la pression sur la banque cenrale.
Les prix des produits fabriqués en Suisse se sont accrus de 0,5% par rapport à janvier 2025 tandis que les prix des produits importés ont diminué de 1,5%, sous le poids des produits pétroliers, en baisse de 6,1%, selon les relevés de l'OFS.
En variation mensuelle, l'indice des prix à la consommation a en revanche diminué de 0,1%, pour s'établir à 99,9 points, a indiqué l'OFS dans un communiqué, entre autres en raison des soldes d'hiver.
Dans le communiqué, l'OFS précise que le panier-type, qui permet de traquer l'évolution des prix, a été actualisé début 2026 pour intégrer de nouveaux produits, comme du lait végétal ou des trottinettes électriques, afin de "tenir compte de l'évolution des habitudes de consommation".
L'inflation en Suisse est très faible, ce qui place la Banque nationale suisse (BNS) dans une situation particulière par rapport à d'autres banques centrales. En 2025, l'inflation s'est limitée à 0,2% en moyenne sur l'année.
En mai, elle avait même ponctuellement basculé en terrain négatif, à -0,1%, ce qui avait déclenché un vif débat parmi les économistes quant à savoir si la banque centrale allait revenir ou non à des taux d'intérêt négatif, comme cela avait été le cas entre 2015 et 2022.
Lors de sa réunion de politique monétaire de juin, elle avait cependant préféré ramener son taux d'intérêt directeur à 0%, invoquant les effets secondaires indésirables des taux d'intérêts négatifs. La légère remontée de l'inflation sur la seconde moitié de l'année lui avait permis de laisser sa politique monétaire inchangée.
Dans une note de marché, GianLuigi Mandruzzato, économiste chez la banque suisse EFG, estime que "les données sur l'inflation pour janvier sont conformes aux prévisions de décembre de la BNS, qui tablaient sur une hausse de 0,1 % en glissement annuel, ce qui ne pousse guère la banque centrale à modifier sa politique à court terme". Selon lui, "la BNS ne devrait pas modifier le niveau des taux directeurs lors de sa réunion de mars".
Adrian Prettejohn, économiste chez Capital Economics, souligne cependant que l'inflation en Suisse "devrait rester aux alentours de zéro durant le reste de l'année", alors même que le franc suisse s'apprécie, ce qui devrait selon lui, "persuader la BNS de réduire son directeur de 25 points de base à -0,25% dans l'année, probablement en juin".
La politique du taux d'intérêt négatif appliquée de 2015 et 2022 avait permis à la BNS de contenir les poussées de fièvre du franc suisse, qui pénalisent pour les entreprises exportatrices helvétiques. Mais elle avait laissé un goût amer entre autres aux épargnants, ces taux négatifs ayant pour effet de ponctionner l'épargne, et non de la rémunérer.
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